10. Subjectivité des deux phénomènes?

L’analyse des deux phénomènes qui font l’objet de ce blog, à savoir, l’envie d’obtenir une traduction des chansons dont on ne comprend qu’imparfaitement les paroles, et la déception que provoque généralement cette traduction, se fonde sur des expériences personnelles, c’est-à-dire subjectives. C’est, en effet, sur mes propres expériences que j’ai pour l’instant fondé mes réflexions, et il est temps de se demander si d’autres personnes ont, ou non, ressenti des choses similaires relativement à mon objet.

Dans ce billet, je vais faire un premier pas dans ce sens, en évoquant une discussion tenue il y a huit mois sur l’application “Questions-Réponses” de Yahoo! France (consulté ce jour). Une internaute, qui utilise le pseudonyme Salade, y pose la question de savoir s’il faut lire ou non les traductions des chansons que l’on apprécie mais dont on ne comprend pas les paroles, car elle s’est prêtée plusieurs fois à la recherche et à la lecture de ces traductions, et elle en a ressenti une grande déception. Sur treize commentateurs/commentatrices, neuf affirment plus ou moins nettement (soit ils/elles utilisent un terme dérivé directement du verbe décevoir, soit ils/elles commencent leur commentaire par “Oui, cela m’est arrivé… [étant sous-entendu d'être déçu]“) qu’ils ont fait une expérience similaire relativement aux traductions des chansons qu’ils apprécient. Et au moins quatre commentateurs/commentatrices, dont celui que Salade a défini comme le plus “satisfaisant” (sur l’application “Questions-Réponses”, il est en effet possible, pour celui qui a posé la question, de signifier qu’elle a été la réponse qui lui a été la plus utile), affirment nettement qu’il est tout de même précieux d’obtenir les traductions, celles-ci ajoutant une dimension importante à la chanson appréciée. D’autre part, même s’ils ne le disent pas explicitement, on peut dire, sans tromper le fond de leurs discours, que l’intégralité des commentateurs et des commentatrices ont eu le désir d’obtenir des traductions des chansons qu’ils apprécient. Ces commentateurs et ces commentatrices auraient donc, comme moi, désiré obtenir des traductions des chansons qu’ils apprécient, et certains d’entre eux en auraient aussi ressenti une certaine déception.

Ces commentaires confirment d’autres points de mon analyse, particulièrement les points relatifs aux sept caractéristiques du deuxième phénomène. Un ou une internaute, qui utilise le pseudonyme de Au revoir à tous, par exemple, rapporte un sentiment que j’avais nommé, dans plusieurs de mes contributions, le sentiment d’être “trompé” par la traduction: la chanson Hotel California du groupe Eagles, dans laquelle il/elle avait projeté “une impression de fraîcheur et de grands espaces”, se révèle par la traduction n’être qu’une histoire ”très glauque”. D’autre commentaires, à l’inverse, ajoutent des caractéristiques sur lesquelles je n’avais pas dirigé mon attention, mais qui s’avèrent intéressantes: ainsi Regine demande à Salade comment elle obtient ses traductions, lui affirmant que les traducteurs automatiques pourraient expliquer à eux seuls sa déception. Deux autres commentateurs/commentatrices, plus prosaïques encore, affirment que même si les traductions s’avèrent décevantes, elles permettent toutefois d’augmenter notre connaissance de la langue étrangère en question.

Je ne vais pas, bien sûr, déduire de cette seule discussion, menée très spontanément et non systématiquement sur l’application “Questions-Réponses” de Yahoo! France, la généralité des deux phénomènes qui m’intéressent. En effet une autre personne, F£O, qui a laissé un commentaire sur ma dernière contribution, m’a affirmé, non sur ce site, mais par e-mail, qu’au contraire les traductions des chanson hindi qu’elle entend dans des films de Bollywood ne la décoivent pas. Cependant, je retiens de la discussion sur “Questions-Réponses” que je ne suis pas le seul à avoir observé ces deux phénomènes, et cela m’encourage à continuer de traiter sérieusement d’un sujet qui ne l’est apparemment pas.

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